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Renouveau sur les terrils : rencontre sur la Boucle Noire

Fondateurs de l'ASBL Chemins des Terrils et à l'origine de la Boucle Noire, Micheline Dufert et Francis Pourcel parcourent depuis plus de dix ans les anciens paysages miniers de Charleroi. Nous les avons rencontré sur le terril de Bayemont-Saint-Charles, à Marchienne Docherie où ils reviennent sur la naissance du projet, l'évolution du paysage carolorégien et la valorisation d'un patrimoine riche.


Colin Pirson  Par Colin Pirson 

Publié le 02.11.2026 à 10h04



En tant que passionnés de patrimoine industriel et de randonnée, Micheline et Francis explorent d'abord les anciens bassins miniers wallons à travers le GR412, un sentier de grande randonnée reliant les principaux sites charbonniers. De ces explorations naît le blog « Chemins des Terrils », toujours actif aujourd'hui. « L'idée, c'était de relier tous les terrils entre eux », explique Micheline.  Au fil de leurs parcours, les membres du groupe constatent que le GR412 traverse Charleroi sans emprunter la chaîne de terrils qui domine pourtant la ville. Une observation qui servira de point de départ à la création de la Boucle Noire. « On s'est dit : c'est bizarre, le GR412 passe par Charleroi, mais il ne vient pas par la chaîne des terrils », se souvient-elle. Pour l'équipe, ces anciens terrils constituent des points d'observation privilégiés sur un territoire dont « le paysage explique vraiment et en détail l'historique de Charleroi ».


Le terril Saint-Charles, témoin d'un paysage en mutation

Le terril de Bayemont-Saint-Charles occupe une place particulière dans cette démarche de valorisation du patrimoine. Comme plusieurs terrils de la région, il a été exploité dans les années 1990 afin de récupérer les résidus de charbon encore présents dans le schiste, ce qui a profondément modifié sa silhouette. Micheline Dufert rappelle cependant que des habitants du quartier se sont mobilisés pour éviter la disparition complète du site. Aujourd'hui transformé en espace de promenade, le terril offre un point de vue privilégié sur les anciens paysages industriels de Charleroi et illustre la reconversion progressive d'un héritage longtemps associé à l'activité minière.


Dix ans de succès pour une randonnée emblématique

Cette volonté de lire le territoire à travers ses paysages est au cœur de la démarche des membres de l’ASBL.  Bien avant la création d'un itinéraire balisé, ses membres parcourent terrils, friches industrielles et anciens sites miniers dans une logique d'exploration. « On a toujours travaillé sur le terrain et pas tellement sur plan ni sur carte », explique Micheline Dufert. Photographies, repérages et prises de notes nourrissent progressivement leur réflexion.

Le rencontre avec Fabrice Laurent, directeur de l'Eden, et son équipe, contribuent à faire mûrir le projet. De ces échanges naît l'idée de proposer au public une découverte de Charleroi par ses terrils, ses friches et ses points de vue, inspirée notamment de Marseille 2013, prémices de ce qui deviendra la Boucle Noire.

Dix ans après sa création, la Boucle Noire s'est imposée comme l'un des parcours de randonnée les plus connus de la région carolorégienne. Ce qui n'était au départ qu'une initiative portée par quelques passionnés a progressivement trouvé son public grâce aux visites guidées organisées avec l'Eden. « On s'est retrouvé avec 300 personnes, puis 500 », se souvient Micheline Dufert. Au fil des années, le projet s'est structuré autour de l'ASBL Chemins des Terrils et a contribué à faire découvrir à un large public des paysages souvent méconnus, situés au croisement de la nature, de l'histoire industrielle et du patrimoine local.


Chemins des Terrils, un engagement qui se poursuit

Derrière la Boucle Noire, le travail se poursuit aujourd'hui au sein de l'ASBL Chemins des Terrils. Micheline Dufert évoque notamment l'arrivée de Priscilla, venue renforcer l'équipe dans ses activités de terrain et de valorisation du patrimoine principalement sur les réseaux sociaux. L'association peut également compter sur différentes formes de soutien pour l'entretien des parcours, le balisage ou encore la mise à disposition de matériel. Pour ses membres, l'enjeu reste le même qu'à ses débuts : préserver l'accès à ces espaces, transmettre leur histoire et permettre au public de découvrir autrement le territoire carolorégien.

Si la Boucle Noire demeure le projet le plus connu, elle n'est pas la seule initiative portée par l'ASBL Chemins des Terrils. Ces dernières années, l'équipe a également participé au développement de nouveaux itinéraires, dont la Grande Dérive, une boucle de plus de cinquante kilomètres reliant plusieurs espaces naturels, industriels et patrimoniaux de la région. Autant de projets qui traduisent une même volonté de faire découvrir autrement le territoire carolorégien.


©Colin Pirson - Terril du Bayemont-Saint-Charles